La jeune Norma Jean connaît une puberté précoce, à l’âge de douze-treize ans. Son apparence physique révèle alors le corps d’une femme, bien qu'elle ne soit encore qu’une enfant. Consciente de ses charmes et de l'effet qu'ils ont sur les hommes, la séduction devient très rapidement un jeu auquel elle se doit de gagner pour pouvoir s’en sortir. Bien qu'à 16 ans, elle raconte qu'avec son premier mari la sexualité ne l’intéressait guère, plus tard, elle n'hésitera pas à user de ces charmes pour parvenir à ses fins. Cela restera à jamais pour elle un des moyens les plus surs... A quelques détails près comme la fréquentation frénétique des soirées fines de Los Angeles, l’apparition dans des films pornographiques, les innombrables photos dénudées, sans compter des amants par centaines.

Marylin photographiée par Bert Stern en 1962
Marylin photographiée par Bert Stern en 1962

Son sex-appeal légendaire explique pour beaucoup l'éternelle fascination pour Marilyn, mais pas tout. Ses relations amoureuses -parfois scandaleuses avec certains des hommes les plus connus d'Amérique, le roi du base-ball Joe DiMaggio, l'auteur et dramaturge Arthur Miller et surtout le président John Fitzgerald Kennedy (sans oublier son frère Bobby)- nourrissent encore et toujours son irrésistible mythe de bombe sexuelle.

Ça me va d'être perçue comme sexuelle, disait-elle.

Elle n’hésite pas à payer de sa personne, et ses amants sont aussi bien le résultat d’un désir, que la nécessité d’obtenir ce qu’elle veut dans le système. En 1965, une enquête instiguée par Edgar Hoover, cultissime patron du F.B.I. révèle que Jacqueline Hammond, ex-femme d'un ancien ambassadeur des États-Unis prétend que Ted Kennedy, Frank Sinatra, Sammy Davies Junior et Marylin Monroe se livraient ensemble à des orgies sexuelles dans une suite de l'hôtel Carlyle à New York.

Marylin photographiée par André de Dienes en 1953
Marylin photographiée par André de Dienes en 1953

À l'écran, sa troublante sensualité n'est qu'un doux euphémisme. Ses partenaires masculins ont les yeux qui leur sortent de la tête. Les autres, tous les autres, elle n'en fait qu'une bouchée. Quant aux appareils photos, ils tombent irrémédiablement sous son charme ravageur. Elle sait exactement quoi faire, n'a plus rien à apprendre de personne. Devant eux, elle prend spontanément la pose et en un instant, elle devient l'image de l'amour, de la tendresse et du sexe. Bref, elle devient Marilyn Monroe. Elle sait instinctivement comment marcher, glousser, se dandiner... Elle masque son léger bégaiement, espère que ses seins ne constituent pas son principal atout. Et cette façon de garder les lèvres perpétuellement entrouvertes... Bref, toutes ces choses qui font chavirer le cœur des homme aux moindre regard. D'ailleurs l'effet est immédiat. c'est cette sensualité débordante qui conduit les réalisateurs à la mettre en scène. Comme Aphrodite, Marilyn n’est vêtue que pour mieux être déshabillée.

Sammy Davis Jr. aura ce mot : «Elle hante les hommes qui l'ont connue, comme une araignée qui revient sans cesse sur votre plafond ».

Marilynpar B. Stern, 1962
Marilynpar B. Stern, 1962

Elle était assez exhibitionniste sur les plateaux de tournage, n’hésitant pas à se promener nue.

Je ne porte jamais rien sous mes vêtements, pas de slip, pas de gaine, pas de soutien-gorge.

Le corps est fait pour être vu, pas pour être couvert. dira t-elle.

Quant à sa coiffure sophistiquée, qui ne cesse d’être défaite ou chavirée, s’affirme comme le signe de sa sexualité libérée.

Marilyn Monroe était une bombe sexuelle, et elle le savait mieux que quiconque, mais les producteurs une fois passée la nuit ne la rappellent jamais car elle n’est, dans ces années-là, comme tant d’autres jeunes actrices à Hollywood, qu’un objet sexuel ! Celle qu’une partie de la profession méprisait en raison de son apparente légèreté était en réalité une artiste accomplie, férue de littérature. Elle vole la vedette à ses partenaires non pas par sa prodigieuse beauté, ni même par sa capacité à manipuler et séduire les hommes, mais parce qu’elle représente l’éternel féminin, de la déesse Vénus à la Juliette de Shakespeare.

Cependant, gardons à l'esprit que Marilyn Monroe est l'exemple type de la bombe sexuelle qui cachait une profonde dépression derrière une beauté à couper le souffle. Les hommes sont fous d'elles, et de ce trouble psychologique qui promet souvent une sexualité torride et passionnelle.

L'amant, le vrai, est celui qui vous fait fondre rien qu'en vous touchant la tête, en vous souriant droit dans les yeux.

Elle sera de celles qui vont affirmer une sexualité libre et spontanée dans une Amérique guindée en proie aux démons de la lutte anti-communiste. Car on n’a jamais vu une blonde ressembler aussi peu à une blonde. Ni garce ni bêtasse. Juste libre. Si proche de ses émotions, si près des larmes, si vite blessée, si vite reconquise. Une sensibilité d’enfant dans un corps de bombe sexuelle. Avec, dans le sang, un sens érotique spontané, sans calcul. ­Aujourd’hui, on la trouverait trop ronde, trop petite, un nez un peu fort… Mais aujourd’hui comme hier, n’importe quel ­photographe saurait capter son incroyable photogénie. Sa vie fut brève, elle passa comme une étoile filante dans le cœur des hommes. Mais on se souvient encore d'elle et peut-être pour toujours.

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