Pin-ups, vous me rendez fou !

Bill Ward et ses pin-ups érotiques.

L’engouement populaire qu’elle suscite, dans ces années là, est réel, notamment aux États-Unis : une pin-up est une femme dans une pose attirante ou « sexy » dont on accroche la représentation sur un mur, d'où l'expression anglaise de « pin-up girl » qui pourrait se traduire en français par « jeune fille épinglée au mur ». Provocante sans être vulgaire, la pin-up est représentée par ses créateurs comme la femme idéale. A ce jour, les pin-up sont restées un symbole du charme et d'érotisme.

Lui est le dessinateur anonyme mais facilement reconnaissable d'une multitude d'illustrations érotiques parfois roses, le plus souvent cruelles, mais toujours acerbes et pleines d'humour.

«Moi je décorais les miens avec des filles et des sirènes. [...] Ce qui m'impressionnait le plus, ce n'était pas de gagner de l'argent en dessinant - cela, sans aucune formation artistique-, mais le fait que c'était une façon géniale de rencontrer des filles. C'est là que j'ai décidé de devenir artiste»

Pin-ups, vous me rendez fou !

Bill Ward est le dessinateur de pin-ups le plus prolifique d'Amérique, ses pin-ups représentent l’image exacerbée de la sensualité. Elles exhibent avec nonchalance leurs charmes stupéfiants à nous en couper le souffle.

Adolescent, il enchaîne les petits boulots mais c'est à 17 ans que Bill Ward, déjà amateur d'art, commence sa carrière professionnelle en illustrant les vestes en jean de ces congénères pour aller boire une bière.

Par la suite, il travaille pour de nombreux magazines mais lorsqu'il fait son service militaire, pour passer le temps, il créé le personnage de la voluptueuse Torchy pour remonter le moral des troupes, sur le front et à l'arrière. La jolie blonde en bas et porte-jarretelle est jugée assez provocatrice pour son temps. Il fut question d'un éventuel livre portant son nom mais ce projet ne vit jamais le jour.

J'étais aux anges : cette blondasse que j'avais créée aller avoir un livre à elle toute seule.

Pin-ups, vous me rendez fou !

Après avoir été dessinateur de comics jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, Bill Ward se consacre exclusivement aux pin-up dès le début des années 1950 et dédia le reste de sa vie à dessiner des femmes glamour et classes, toujours en déshabillés coquins, les histoires ayant pour but de leurs faire quitter leur robe ou leur jupe. D'ailleurs, à partir des années 60, Bill Ward, de plus en plus sollicité pour ses talents de dessinateurs de femmes très sexy, devient pigiste pour la quasi-totalité des magazines pour hommes.

Normal, ses pin-up, toujours en équilibre sur de gigantesques talons aiguilles, s’affichent bien souvent dans leur intérieur en tenue légère tout en accomplissant des actes de la vie quotidienne : elles se maquillent, se coiffent, répondent au téléphone. A l’extérieur, elles n’hésitent pas à se vêtir de robe ultra moulante sublimant leurs magnifiques courbes. Ces créatures de rêve ont étonnamment un décolleté ravageur que les hommes ne peuvent s’empêcher de contempler avec gourmandise. Bien sûr, elles jouent souvent de leur féminité en rajustant leur bas, elles vont à la plage, se promènent, discutent avec des messieurs lascivement assises sur un bureau.

« Abe Goodman aimait bien les dessins de filles sexy au téléphone. J'ai fini par être connu pour mes nanas au téléphone». Bill Ward.

Pin-ups, vous me rendez fou !

Mais lorsque l'on va au-delà de la fascination de Ward pour les grosses poitrines parfaitement irréelles qui étirent à l'extrême le moindre morceau de tissu, on découvre une attirance marquée pour les fourrures, la lingerie riche et les bijoux luxueux. Bref, ces femmes possèdent une certaine distinction.

Bien sûr, il va de soi que le dessinateur met aussi en scène des hommes de tous âges, de toutes formes, de toutes tailles. Ward reproduit souvent les mêmes personnages masculins qui possèdent toujours les mêmes caractéristiques corporelles. Le jeune homme au visage poupin et aux cheveux en brosse devient un quadragénaire un peu bedonnant, au nez très souvent proéminent, symbole du pénis. D'ailleurs, l'homme, essaye souvent de tendre des pièges à la jeune femme plus ou moins naïve, de la duper, de la draguer, de la reluquer ou de l'espionner. Il ne l'embrasse, ni ne l'étreint que très rarement. En fait, ils représentent l'Américain moyen tandis que les femmes se doivent d'être jeunes et jolies, raffinées et mondaines. Elles sont aussi des déesses à part entière, aux proportions inimaginables et exagérées, sculpturales et dominatrices.

Bill Ward meurt en 1998 d'une série d'attaques cérébrales et des conséquences de la maladie de Parkinson. Heureusement pour lui, devrais-je dire parce que suite à l'apparition des magazines érotiques et pornographiques comme Playboy ou Penthouse, la mode des pin-up disparaît progressivement au profit de photo de femmes nues de plus grande qualité. Cependant, on assiste depuis quelque temps à un regain d'intérêt pour ces égéries des années 1950 avec l'arrivée de modèles célébrant cette époque. Certains modèles comme Dita von Teese font d'ailleurs de ce courant leur marque de fabrique.

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